De :
"Sport automobile
Asa Morvan Autun
Didier Chaumont
Un monument historique de fidélité à l’ASA Morvan et à la course de côte
Entre son retour du salon des vins de Chaumont (ça ne s’invente pas), où il exposait et vendait ses divines bouteilles, et une séance d’enjambeur dans ses vignes situées entre la Roche de Solutré et Pouilly Fuissé, Didier Chaumont nous a très gentiment parlé de son parcours hors norme qui en fait un des personnages les plus attachants de la grande famille du sport auto bourguignon et du championnat de France de la Montagne.
En durée tu es le plus ancien licencié à l’ASA Morvan ce qui peut paraître paradoxal alors que tu résides dans le Mâconnais et qu’à proximité il y a plusieurs A.S. A quand remontent tes débuts dans le sport auto.
« Oh là là c’est loin tout ça mais ça reste ancré dans ma tête. J’ai pris ma première licence à l’ASA Morvan en 1988 quand Gérard Plisson était président. J’ai été très bien accueilli et ensuite je n’ai jamais éprouvé le besoin de changer tellement je me sens bien dans ce club. Ça fait donc 38 ans que ça dure, c’est un sacré bail. J’ai débuté dans le sport auto à 20 ans en 1989 avec une Simca Rallye 2 qui à l’époque était la voiture idéale pour un jeune comme moi. Je me suis orienté très vite sur la course de côte qui demande moins de temps et de contrainte que le rallye. Et puis dans mes objectifs, je voulais conduire une monoplace ou un proto et pour moi la Côte était plus dans mes possibilités que le circuit par exemple. Depuis, je n’ai jamais arrêté en changeant plusieurs fois de montures ».
Justement, parmi toutes les autos que tu a pu piloter depuis tes débuts, laquelle t’a procuré le plus de plaisir.
« Incontestablement la Formule 3 Dallara 393 à moteur Fiat que j’ai conduit de 2003 à 2009. C’était une monoplace exceptionnelle fiable et très agréable à piloter. Avec elle j’ai gagné 65 fois la classe. A la différence d’un prototype comme le Nova MP01 que j’ai actuellement, dans une monoplace on voit les roues avant et on peut mieux ajuster les trajectoires et raser les cordes, c’est top ».
A part peut être la Régionale d’Azé-Donzy située près de chez toi, pourquoi coures tu exclusivement en championnat de France de la Montagne.
« Depuis 1989 j’ai disputé plus de 400 courses et je compte 116 victoires de classe à mon palmarès, de même qu’un titre de Vice champion de France en Formule Renault en 2014, et plein de challenges dont celui de l’ASA Morvan à de nombreuses reprises. Je conserve à la maison plus de 300 coupes synonymes de victoires ou de podium. Le championnat de France c’est ma famille, c’est des tas de copains et des organisateurs qui sont aussi des clients. J’adore l’ambiance du paddock, En championnat de France, les courses sont plus longues qu’en régional, c’est plus intéressant et il y a une meilleure sécurité. Pendant longtemps je me suis inspiré de l’esprit et des conseils de Daniel Broccard, plusieurs fois champion de France et comme moi vigneron, à Cerdon dans l’Ain. En Championnat de France, les organisations sont rodées et sur un week end on arrive dés fois à faire sept montées. J’ai aussi couru en championnat d’Europe en Allemagne, en Suisse et en Belgique, mais j’ai arrêté car c’était trop contraignant ».
En France, quelle course préfères-tu, sachant que tu laisses de côté la Pommeraye et Saint Gouéno qui sont trop loin de chez toi.
« J’adore le Col Saint Pierre dans le Gard, une route superbe qui grimpe sur la corniche des Cévennes. C’est presque 6 kilomètres d’enchaînement rapides ou lents qui demandent beaucoup de concentration. J’aime aussi Turkheim en Alsace et bien sûr le Mont Dore en Auvergne. C’est d’ailleurs là que je garde un des meilleurs souvenirs quand tout jeune débutant en 1992, avec la Simca Rallye 2, j’ai gagné la Classe devant tous les habitués du championnat. C’était super. A cette époque j’étais déchaîné. Comme en 1997 avec un Proto Arc à moteur Simca quand j’ai disputé 22 courses dans la saison en gagnant 15 fois la Classe ».
A bientôt 60 ans, tu possèdes toujours le feu sacré, qu’est ce qui te pousses à continuer.
« C’est la passion et comme je l’ai dit plus haut, l’ambiance de la course. Tout est lié en fait, mais je roule moins, seulement une dizaine de courses dans la saison. Depuis l’an dernier je pilote le Proto Nova dont le moteur Honda développe 300 CV pour 550 kilos. Il est préparé par David Guillaumard. Aujourd’hui, je reste avant tout un compétiteur qui recherche le plaisir et ça me va bien. J’ai passé l’âge de dégoupiller un chrono pour gratter une victoire dans la classe CN 2. Je laisse les jeunes furieux s’expliquer devant, car je ne tiens pas à casser l’auto et le lundi matin, le travail m’attend dans les vignes avec souvent un autre volant dans les mains, celui de l’enjambeur ».
Merci Didier pour cet entretien très sympa et bien dans ta nature. Les sociétaires de l’ASA Morvan peuvent être fiers de posséder un collègue comme toi. Ton esprit sportif, ta passion, ton sens du travail bien fait et ta fidélité sans faille au club, sont pour eux de formidables exemples à suivre. Bonne course à Abreschwiller, ton prochain rendez vous dans les Vosges.
Propos recueillis par Jean Moncharmont
Photos transmises par Didier Chaumont."

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